SCÈNE XIX
MARANCEY, Mme DE MARANCEY.
M««e DE MARANCEY.
Il est capable de lui prouver qu'il n'était pas à mes genoux, et elle le croira ! Il est des femmes si débonnaires ! Ma petite vengeance est complète. . il ne reste plus que mon mari.
MARANCEY.
Ma femme 1
Mme DE MARANCEY, apercevant Marancey.
Ah ! vous voilà, monsieur ; approchez, venez jouir de votre ouvrage.
MARANCEY, cherchant à cacher la boîte.
Mon ouvrage !
M*e DE MARANCEY.
Ne rougissez-vous pas d'une conduite aussi odieuse !... Après quatre mois d'absence, le jour même où nous sommes réunis, chercher à séduire la femme d'un de vos amis !...
MARANCEY.
Il ne me manquait plus que cela... on me calomnie... (A part.) Scélérat de Treneuil !
M^ DE MARANCEY.
Je sais tout... Ne cherchez pas à vous disculper par un mensonge... Jeter le trouble dans une famille, brouiller une femme avec son mari, causer peut-être leur séparation éternelle... c'est indigne, monsieur... Ici, je ne vous parle pas de vos torts envers moi ; il y a longtemps que j'y suis habituée... Mais si vous ne m'aimez plus, il me semble que vous devriez du moins me respecter, et ne pas choisir le lieu où je suis pour le théâtre de vos désordres.
(Elle rentre dans sa chambre.)