PARIS
POULET -MÀLÀSSÏ S, ÉDITEUR
97, rue Richelieu, *7
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Ce volume a une physiononie particulière; il peint un ciel, un climat, des mœurs qui forment un contraste frappant avec le ciel, le climat, les mœurs de la vieille Europe. Cette circonstance iloit en faire l'originalité si l'exécution répond au sujet lui-même.
Je suis né aux Antilles. Plein des souvenirs de l'enfance, je brûlais depuis longtemps d'aller revoir mon berceau, d'aller saluer mon soleil. Ce berceau, c'était une petite île semée de bananiers, de cocotiers et de palmistes ! Ce soleil, c'était l'astre éclatant qui fait mûrir le fruit du manguier et qui féconde les champs de cannes !
J'ai essayé de peindre toutes mes sensations, depuis l'heure du départ jusqu'au moment du retour; c'est- à-dire depuis le moisde février, jusqu'au mois de novembre de l'année 1860. J'ai noté -tour à
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tour toutes mes émotions, tous mes ravissements, a l'aspect de la majesté* de l'Océan, en face des merveilles éblouissantes de la nature, étalées sous mes yeux, au sein des campagnes de la Guadeloupe, dans les vertes savanes qui se déploient sur la pente des mornes, dans les hautes montagnes hérissées de roches gigantesques, dans les forêts vierges empreintes d'une religieuse beauté, sur les bords des petites rivières capricieuses et limpides qui roulent t en cascades et qui transportent dans leur cours des Heurs brillantes et des fruits embaumés.
Ma plume a voulu peindre aussi les mœurs de la race noire. Cette race mérite beaucoup de sympathie; elle a des qualités civilisatrices, et la plupart de ses vices tiennent à l'influence délétère d'une trop longue servitude. La liberté qui rajeunit toute chose, rajeunira ces pauvres Africains qui sont aussi bien que nous des hommes.
J'ai quitté la Guadeloupe avec tristesse et j'ai revu cependant la France avec bonheur. Celle-ci est la grande patrie, et l'autre c'est la petite; mais mon cœur est assez vaste pour les réunir toutes les deux dans un même amour. Ici, c'est la lumière de l'intelligence qui brille, et là-bas c'est l'éclatante lumière du soleil. Ces deux lumières sont utiles à l'existence de l'homme, et, si je cherche à éclairer toujours mon esprit aux clartés intellectuelles de la France, je voudrais pouvoir sans cesse réchauffer mon corps aux rayons yivifi an ts du tiopique î
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Ce volume renferme une pensée; il a un commencement, un milieu, uno fin qui s'enchaînent naturellement ; il ne s'écarte point un seul instant de son sujet. Suis-je parvenu à lui donner une vraie couleur locale? En tout cas, j'ai eu l'intention do faire respirer a mes lecteurs de véritables a fleurs des Antilles ».
Je ne terminerai point cette courte préface sans remplir un devoir de reconnaissance envers mes souscripteurs. Parce que, dans une modeste brochure, j'ai pris la défense des noirs et des mulâtre*, ces hommes généreux ont pensé qu'ils devaient concourir à la publication de ce volume. C'est à eux qu'il doit de paraître et je les en remercie du plus profond de mon cœur.