‹ Poésies (volume 3)Chapitre 22 sur 56 · LE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

LE PRINTEMPS

d'atrès le tableau ee a. co-

A Madame Eugénie Doclie.

C'est l'aurore et c'est l'avril, Lui dit -il, Viiiis, la rosée étincelle.

Le vallon est embaumé :

Viens, c'est mai i:t c'est l'aub2, lui dit-elle

[44 ^^ Cahier rouge.

Et dans le bois abritant

Un étang, Où les chevreuils viennent boire, Ils sont allés, les heureux

Amoureux, Suspendre leur balançoire.

Gaîment ils s'y sont assis,

Puis Thyrsis Prit les cordes à mains pleines; Et voilà qu'ils sont lancés,

Enlacés Et confondant leurs haleines.

Daphné, près de son ami,

A frémi D'entendre craquer les branche», Et, prise d'un rire fou.

Mis au cou Du brun Thyrsis ses mains blanche*.

Mais, fier du fardeau léger.

Le berger La regarde avec ivresse

Le Printemps. 145

Et presse le bercement

Si charmant Qui lui livre sa maîtresse.

Elle a son seul point d'appui

Contre lui, Qui touche ce que dérobe L'écharpe qu'un vent mutin

Du matin Fait flotter avec la robe.

Leurs beaux cheveux envolés

Sont mêlés.

Ils vont, rasant les fleurettes De leurs jeunes pieds unis ;

Et les nids Là-haut sont pleins de fauvettes.

— Un baiser sur tes cheveux,

Je le veux Et je veux que tu le veuilles.

— Non, berger, car les grimpanti

jEgipans Sont là,^cachés sous les feuilles.

[+6 Le Cahier rouge.

— Un baiser, — qu'il soit moins prompt!-

Sur ton front, Sur ta bouche qui m'attire!

— Non, berger. N'entends-tu pas

Que là-bas Déjà ricane un satyre?

Ainsi l'ingénue enfant

Se défend Et veut détourner la tête; Mais, pour augmenter sa peur,

Le trompeur Fait voler l'escarpolette;

Et craintive, et s'attachant

Au méchant Qui lâchement en profite, La vierge au regard divin

Bien en vain L'adjure d'aller moins vite.

Mais déjà le bercement

Lentement S'atfaiblit et diminue.

Le Printemps. 147

Les enfants se sont assez

Balancés, Mais leur baiser continue.

Où ce jeu les mène-t-il?

Très-subtil Est Eres, riveur de chaînes, Et, dans le taillis en paix,

Très-épais Le gazon au pied des chênes- Sur l'écorce des rameaux

En deux mot»

Plus d'une idylle est écrite, Et sous les myrtes de Cos

Les échos Savent par cœur Théocrite-

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