POUR TOUJOURS
L'espoir divin qu'à deux on parvient à former Et qu'à deux on partage, L'espoir d'aimer longtemps, d'aiiner toujours, d'aimer Chaque jour davantage;
Le désir éternel, chimérique et touchant^
Que Ics'amants «oupirent, A 1 iiisunt adorable où, tout en se ciierchant,
Leurs lùvrc< se respirent;
Pour toujours! 171
Ce désir décevant, ce cher espoir trompeur,
Jamais nous n'en parlâmes; Et je souffre de voir que nous en ayons peur,
Bien qu'il soit dans nos âmes.
Lorsque je te murmure, amant interrogé,
Une douce réponse, C'est le mot : — Pour toujours ! — sur les lèvres que j'ai,
Sans que je le prononce;
Et bien qu'un cher écho le dise dans ton cœur,
Ton silence est le même.
Alors que sur ton sein, me mourant de langueur,
Je jure que je t'aime.
Qu'importe le passé? Qu'importe l'avenir?
La chose la meilleure.
C'est croire que jamais elle ne doit finir,
L'illusion d'une heure.
Et quand je te dirai: — Pour toujours! — ne fais rien
Qui dissipe ce songe, Et que plus tendrement ton baiser sur le mien
S'appuie et se prolonge!