‹ Poésies (volume 3)Chapitre 43 sur 56 · AUBADE · texte numérisé non relu

AUBADE

L'aube est bien tardive à naître, 11 a gelé cette nuit; El déjà sous ta fenêtre Mon fol amour m'a conduit.

Je tremble, mais moins encore Du froid que de ma langueur ; Le frissoa du luth sonore Se communique à mon cœur

Aubade. 197

Ému comme un petit page, J'attends le moment plus sûr Où j'entendrai le tapage De tes volets sur le mur;

Et la minute me dure Où m'apparaîtra soudain, Dans son cadre de verdure, Ton sourire du matin.

DOULEUR BERCEE

Toi que j'ai vu pareil au chêne foudroyé, Je te retrouve époux, je te retrouve père; Et sur ce front songeant à la mort qui libère, Jadis le pistolet pourtant s'est appuyé.

Tu ne peux pas l'avoir tout à fait oublié.

Tu savais comme on souffre et comme on désespère ;

Tu portais dans ton sein l'infernale vipère

D'un grand amour trahi, d'un grand espoir broyé.

Douleur bercée iVS»

Sans y trouver l'oubli, tu cherchais les tumultes, L'orgie et ses chansons, la gloire et ses insultes, Et les longues clameurs de la mer et du vent.

Qui donc à ta douleur imposa le silence ?

— O solitaire, il a suffi de la cadence

Que marque le berceau de mon petit enfant.

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