‹ Poésies (volume 3)Chapitre 51 sur 56 · LA PREMIERE · texte numérisé non relu

LA PREMIERE

Ce n'est pas qu'elle fût bien belle; Mais nous avions tous deux vingt ans, Et ce jour-là, — je me rappelle, — Était un matin de printemps.

Ce n'est pas qu'elle eût l'air bien grave; Mais je jure ici que jamais Je n'ai rien osé de plus brave Que de lui dire que j'aimais.

Le Cahier rouge.

Ce n'est pas qu'elle eût le cœur uiiarc;

Mais c'était si délicieux

De lui parler et de l'entendre

Que les pleurs me venaient aux yeux.

Ce n'est pas qu'elle eût l'âme dure; Mais pourtant elle m'a quitté, Et, depuis, ma tristesse dure, Et c'est pour une éternité.

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