‹ Poésies (volume 4)Chapitre 6 sur 49 · CREPUSCULE · texte numérisé non relu

CREPUSCULE

AINSI qu'un malheureux, le corps frileux et gourd. Tâche de se chauffer en soufflant sur des braises. L'amer couchant d'octobre, au lointain du faubourg. A fait flamboyer ses fournaises.

Dans les squelettes noirs des arbres nus et droits. Le vent du soir, tout bas, parle d'une voix rauque;

Un archipel d'îlots couleur de feu, mais froids, Nage dans la paix du ciel glauque.

i8 Ar ricre-Saison.

Combien de fois déjà par des soirs tout pareils, Où l'esprit sur lui-même en souffrant se replie. L'adieu rouge et glacé des suprêmes soleils M'a versé sa mélancolie !

Combien de fois ce vent aux sinistres soupirs,

Dont le gémissement se glisse sous les portes,

A fait devant mes yeux tourner mes souvenirs

Dans la valse des feuilles mortes !

Automne nostalgique, automne évocateur, Qu'ils me font mal, tes ciels qu'un dernier raj-on moire. Tes purs et tristes ciels, froids comme la douleur Et profonds comme la mémoire !

Page 1