‹ PoésiesChapitre 2 sur 59 · LES YEUX DE LA FEMME · texte numérisé non relu

LES YEUX DE LA FEMME

'Éden resplendissait dans sa beauté première

Eve, les yeux fermés encore à la lumière,

Venait d'être créée, et reposait, parmi

L'herbe en fleur, avec Tliomme auprès d'elle endormi ;

Et pour le mal futur qu'en enfer le Rebelle

Méditait, elle était merveilleusement belle.

Son visage très pur, dans ses cheveux noyé.

S'appuyait mollement sur son bras replié

Et montrait le duvet de son aisselle blanche ;

Et, du coude mignon à la robuste hanche.

8o Récits épique^!.

Une ligne adorable, aux souples mouvements,

Descendait et glissait jusqu'à ses pieds charmants.

Le Créateur était fier de sa créature :

Sa puissance avait pris tout ce que la nature

Dans l'exquis et le beau lui donne et lui soumet,

Afin d'en embellir la femme qui dormait.

11 avait pris, pour mieux parfumer son haleine,

La brise qui passait sur les lys de la plaine ;

Pour faire palpiter ses seins jeunes et fiers,

11 avait pris le rythme harmonieux des mers ;

Elle parlait en songe, et, pour ce doux murmure,

11 avait pris les chants d'oiseaux sous la ramure ;

Et, pour ses longs cheveux d'or fluide et vermeil,

11 avait pris l'éclat des rayons du soleil ;

Et, pour sa chair superbe, il avait pris les roses.

Mais Eve s'éveillait ; de ses paupières closes Le dernier rêve allait s'enfuir, noir papillon, Et sous ses cils baissés frémissait un rayon. Alors, visible au fond du buisson tout en flamme, Dieu voulut résumer les charmes de la femme En un seul, mais qui fût le plus essentiel. Et mit dans sou regard tout l'iuûui du ciel.

^^i^^ms^^m^^

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