PENDANT SA REGENCE
Objet divin des âmes et des yeux ,
Reine, le chef-d'œuvre des cieux , Quels doctes vers me feront avouer Digne de te louer ?
Les monts fameux des vierges que je sers
Ont-ils des fleurs en leurs déserts Qui , s'efforçant d'embellir ta couleur , Ne ternissent la leur?
Le Thermodon a vu seoir autrefois
Des reines au trône des rois ; Mais que vit-il par qui soit débattu Le prix à ta vertu ?
Certes nos lis, quoique bien cultivés,
Ne s'étoient jamais élevés Au point heureux où les Destins amis Sous ta main les ont mis.
A leur odeur l'Anglois se relâchant ,
Notre amitié va recherchant ; Et l'Espagnol, prodige merveilleux!
Cesse d'être orgueilleux '.
De tous côtés nous regorgeons de biens;
Et qui voit l'aise où tu nous tiens , De ce vieux siècle aux Fables récité Voit la félicité.
Quelque discord , murmurant bassement ,
Nous fit peur au commencement; Mais sans effet presque il s'évanouit, Plus tôt qu'on ne l'ouït.
Tu menaças l'orage paraissant , Et, tout soudain obéissant, Il disparut comme flots courroucés Que Neptune a tancés
1 On commençait à traiter du double mariage qui fut conclu, Tannée suivante, entre Louis XIII cl l'infante d'Espagne, le prince d'Espagne cl madame Elisabeth de France. Édit.