‹ PoésiesChapitre 119 sur 189 · PENDANT SA REGENCE · texte numérisé non relu

PENDANT SA REGENCE

Objet divin des âmes et des yeux ,

Reine, le chef-d'œuvre des cieux , Quels doctes vers me feront avouer Digne de te louer ?

Les monts fameux des vierges que je sers

Ont-ils des fleurs en leurs déserts Qui , s'efforçant d'embellir ta couleur , Ne ternissent la leur?

Le Thermodon a vu seoir autrefois

Des reines au trône des rois ; Mais que vit-il par qui soit débattu Le prix à ta vertu ?

Certes nos lis, quoique bien cultivés,

Ne s'étoient jamais élevés Au point heureux où les Destins amis Sous ta main les ont mis.

A leur odeur l'Anglois se relâchant ,

Notre amitié va recherchant ; Et l'Espagnol, prodige merveilleux!

Cesse d'être orgueilleux '.

De tous côtés nous regorgeons de biens;

Et qui voit l'aise où tu nous tiens , De ce vieux siècle aux Fables récité Voit la félicité.

Quelque discord , murmurant bassement ,

Nous fit peur au commencement; Mais sans effet presque il s'évanouit, Plus tôt qu'on ne l'ouït.

Tu menaças l'orage paraissant , Et, tout soudain obéissant, Il disparut comme flots courroucés Que Neptune a tancés

1 On commençait à traiter du double mariage qui fut conclu, Tannée suivante, entre Louis XIII cl l'infante d'Espagne, le prince d'Espagne cl madame Elisabeth de France. Édit.

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