‹ PoésiesChapitre 171 sur 189 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

FRAGMENT

Elle étoit jusqu'au nombril Sur les ondes paraissante, Telle que l'aube naissante Peint les rases en avril.

CHANSON

C'est faussement qu'on estime Qu'il ne soit point de beautés , Où ne se trouve le crime De se plaire aux nouveautés.

Si ma dame avoit envie D'aimer des objets divers, Serait-elle pas suivie Des yeux de tout l'univers ?

Est-il courage si brave Qui pût avecque raison Fuir d'être son esclave l Et de vivre en sa prison ?

Toutefois cette belle ame, A qui l'honneur sert de loi , Ne liait rien tant que le blâme D'aimer un autre que moi

Tous ces charmes de langage, Dont on s'offre à la servir, Me l'assurent davantage , Au lieu de me la ravir.

Aussi ma gloire est si grande D'un trésor si précieux, Que je ne sais quelle offrande M'en peut acquitter aux cieux.

Tout le soin qui me demeure N'est que d'obtenir du Sort Que ce qu'elle est à cette heure Elle soit jusqu'à la mort.

I. Le mot fuir aujourd'hui est toujours un monosyllabe. Malherbe en

fuit toujours un mot de deux syllabes :

Que de fuir et se coucher.

De fuir ou mourir,

\. CUBNIER

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