LIVRE IV
FRAGMENT '
FIN I) UNE ODE l'Ol'U LE II O I
Je veux croire que la Seine Aura des cygnes alor?
Qui pour toi seront en peine De faire quelques efforts ; Mais, vu le nom que me donne Tout ce que ma lyre sonne, Quelle sera la hauteur De l'hymne de ta victoire, Quand elle aura cette gloire, Que Malherbe en soit l'auteur !
1. Belle strophe. Les premiers vers sont charmants par l'image et par l'allusion. Au resle, il paraît que ces vanteries poéliques élaient dans Malherbe une simple imitation des anciens, principalement des lyriques. Il avait prévu qu'il pourrait terminer plusieurs odes pur quelques strophes de ce genre, que l'enthousiasme et le délire rendent excusables et même aimables dans les grands poètes; et, pour cet effet, il s'était sans doute exercé à les tourner de plusieurs manières, afln de les trouver toutes prêtes et de les clouer au besoin
C'est ainsi, mais avec moins de succès, qu'il avait pris une maîtresse poétique, une dame de ses pensées, à qui il pût adresser ses vers d'amour. Mais ces vers-là même prouvent qu'il n'a jamais aimé. Ce sont de froides et galantes fadaises qui n'ont aucun poison, et le jeune amoureux peut les lire sans danger. \. Chunier