VUE I
Peuples , à qui la tempête l A fait faire tant de vœux , Quelles fleurs à cette fête Couronneront vos cheveux ?
Quelle victime assez grande Donnerez-vous pour offrande ?
Et quel Indique séjour 2 Une perle fera naître D'assez de lustre, pour être La marque d'un si beau jour*
Cet effroyable colosse, Cazaux , l'appui des mutins 3, A mis le pied dans ia fosse Que lui cavoient les destins 4.
Il est bas, le parricide.
t. Charmante image, prise aux anciens, el qu'il a répétée mille fois, selon sa coutume. A. Chlniek.
2. Image moderne, riche et belle et poétique. Cela donne à nos beaux poèmes une physionomie française; ils n'ont plus l'air de traductions des anciens. Cette image remplace le :
« Cressa ne careat pulchra dies nota. »
L'image des quatre derniers vers de cette seconde strophe n'est point moderne comme je l'avais cru. La voilà dans Martial
« 0 nox omnis, et hora, quae notata est » Caris littoris indiri lapillis! »
Ce qui ne diminue point du tout le mérite de Malherbe. A. ciienieis.
3 Charles Casaux, consul de Marseille, s'etant rendu maître absolu dans cette ville, avec Louis d'Aix, avoit appelé les Espagnols à son secours pour se maintenir contre les forces du roi, commandées par le duc de Guise. i';uit.
\. Cavoient (Si presque plus beau, là, que creusaient. A. Chenier.
'>c POÉSIES.
Un Alcide-, fils d'Alcide ', A qui la France a prêté Son invincible génie, A coupé sa tyrannie - D'un glaive de liberté r>
Les aventures du monde
Vont d'un ordre mutuel ,
Comme on voit au bord de l'onde
Un reflus perpétuel.
L'aise et l'ennui de la vie
Ont leur course entresuivie
Aussi naturellement
Que le cbaud et la froidure;
Et rien , afin que tout dure ,
Ne dure éternellement *.
t. Charles, fils d'Henri, duc de Guise, surnommé le Balafré. Édit.