‹ PoésiesChapitre 82 sur 189 · LIVRE II U · texte numérisé non relu

LIVRE II U

J'ignorais que ce pouvoit être Qui lui coloroit ce beau teint, Où l'Aurore même n'atteint, Quand elle commence de naître.

Mais, Flurance, ton docte écrit M'ayant fait voir qu'un bel esprit Est la cause d'un beau visage;

Ce ne m'est plus de nouveauté, Puisqu'elle est parfaitement sage , Qu'elle soit parfaite en beauté.

fait par Henri IV gentilhomme de sa chambre, puis sous-précepteur de Louis X1I1 et son lecteur en mathématiques; ensuite, après la mort de Des Y v et aux et de Nicolas Lefebvre, qui furent successivement précepteurs du roi, il obtint cette place. Il mourut ù Tours au mois de janvier 1610, âgé de i5 ans. Édit

SONNET

sur l'absence de la vicomtesse d'auchy.

Quel astre malheureux ma fortune a bâtie ! A quelles dures lois m'a le ciel attaché, Que l'extrême regret ne m'ait point empêché De me laisser résoudre à cette départie ?

Quelle sorte d'ennuis l'ut jamais ressentie Égale au déplaisir dont j'ai l'esprit touché ? Qui vit jamais coupable expier son péché D'une douleur si forte et si peu divertie ?

On doute en quelle part est le funeste lieu Que réserve aux damnés la justice de Dieu , Et de beaucoup d'avis la dispute en est pleine.

Mais sans être savant et sans philosopher , Amour en soit loué, je n'en suis point en peine : Où Calistf. n'est point, c'est là qu'est mon enfer

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STANCKS

I nos

Laisse-moi, Raison importune, Cesse d'affliger mon repos , Kn me faisant mal à propos Désespérer de ma fortune; Tu perds temps de me secourir, Puisque je ne veux point guérir.

Si l'Amour en tout son empire.

Au jugement des beaux esprits, N'a rien qui ne quitte le prix A celle pour qui je soupire, D'où vient que tu me veux ravir L'aise que j'ai de la servir ?

A quelles roses ne fait honte De son teint la vive fraîcheur:' Quelle neige a tant de blancheur Que sa gorge ne la surmonte?

Et quelle flamme luit aux cieux Claire et nette comme ses yeux '

Soit que de ses douces merveilles Sa parole enchante les sens, Soit que sa voix de ses accents Frappe les cœurs par les oreilles :

A qui ne fait-elle avouer Qu'on ne la peut assez louer ?

Tout ce que d'elle on me peut dire C'est que son trop chaste penser, Ingrat à me récompenser, Se moquera de mon martyre; Supplice qui jamais ne faut Aux désirs qui volent trop haut.

Je l'accorde , il est véritable , Je devois bien moins désirer; Mais mon humeur est d'aspirer Où la gloire est indubitable.

Les dangers me sont des appas :

Un bien sans mal ne me plaît pas

Je me rends donc sans résistance A la merci d'elle et du Sort .

Aussi bien par la seule mort Se doit faire la pénitence D'avoir osé délibérer Si je la devois adorer.

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