LES ARBRES
Air : O Fontenay. ( Gentil Bernard. )
Arbres naissants dont le riant feu illage Tient sur ces bords mes regards enchantés , D’autres que moi joueront sous votre ombrage , Moi , je jouis de vous avoir plantés.
Bien loin de vous, si le destin m’envoie Quand , malgré moi , je vous aurai quittés , Alors encor je vous devrai ma joie :
Je songerai que je vous ai plantés.
8o ROMANCES.
Le tems s’enfuit, et semble ‘■dire au sage :
Vois tes beaux jours sur mon aile emportés.
D’arbres ta main embellit ce bocage ; Contente-toi de les avoir plantés.
Qu’un jour Clotho m’entraîne au noir rivage , 0 vous du moins, beaux arbres, vous restez Et je me dis : Mes neveux , d’âge en âge ,
Me sauront gré de les avoir plantés.
Ah î si bientôt sous sa faux je succombe , Arbres si chers , croissez à mes côtés.
Que vos rameaux suspendus sur ma tombe ,
Montrent celui qui vous avoit plantés.
Là de vos fleurs la fraîcheur vive et tendre , Leurs doux .parfums dans les airs transportes , En l’embaumant, ranimeront ma cendre ;
Je revivrai dans ceux que j’ai plantés.