A MON FRERE
Que «léjà, tu me; seçrbles loin , .
-Temps - de ma première jeunesse ,
Où baigner de pleurs sans témoin
L’autel du dieu de la tendresse ,
* % • • • Pour mon cœur était uu besoin
Pour mon ame était une ivresse ! • .
Loin de moi cette erreur a fui ,
Et je regretté ce ! doux songe. • . ..
Ce cbarme n ? était qu’un mensonge ; Pourquoi fi’est-il évanoui ? ' *
Oui , pour moi lâ peine eut ses charmes ,
ÉP1TRES
C’était l’aliment de mon coeur. . ' Je*me complaisais dans mes larmes,
Je m’abreuvais* de leur douceur.
Le cœur a ses momens d’orage :
Je n’en fus point épouvanté ; *>-
J’insultais au bonheur du sage , Dédaignant sa tranquillité ; . . **.
J’aurais invoqué d’esclavage Comme un autre la liberté. ' r '
Courant après les sacrifices ,
Comme après le souverain bien ,
. *• • » • ■ • J’eusse affronté tous les supplices.
Et la mort -ne m’eût été rien.
Oh î pour le tendre objet qu’on aime
Comme on se plaît à la braver î
On pense en ce délire extrêjne ,
■ Que tout perdre*, c’est tout sauver. .
Du cœur humain nouveau problème ,
A quel point ai-je pu changer ! - Eh quoi ! ne suis-je plus moi-ipême ?
3a ÉPITRES.'
Tout en moi m’est-il étranger ? •
Plongé dans ma douleur profonde-,
Si l’amour n’eût rempli mon edeur, .J’aurais craint d’être seul au monde.
Désormais sur. moi seul je fonde. '
Le soin de mon propre bonheur.
Ainsi j’ai traversé la vie : •
Après ces' momens orageux Qu?en entier' jamais on x .n’oublie Plus tranquille,, et nqnplus heureux J’ai vu la tempête suivie *
D’un calme nouveau pour mes yeux.- Le repOs est l’état que j’aime Tout autre me semble fatal.
Ge que j’appelâis hien -suprême ,'. t .
Aujourd’hui serait presque uû mal.
Le corps sent aux transports d’ivresse Succéder la tendre langueur > Qu’on goûte au sein delà mollesse.
Crois que, de même* pour le cœur
K PITRES
Il est unte* dopce paresse * , , ,
Qui serait presque le bonheur, ^ \ / f * Si d’une -amorce enchanteresse • . **.,»
On j/eut jamais connu l’erreur. / " •
ÉFITRES.