‹ Poesies fugitivesChapitre 8 sur 59 · A MON FRERE · texte numérisé non relu

A MON FRERE

Que «léjà, tu me; seçrbles loin , .

-Temps - de ma première jeunesse ,

Où baigner de pleurs sans témoin

L’autel du dieu de la tendresse ,

* % • • • Pour mon cœur était uu besoin

Pour mon ame était une ivresse ! • .

Loin de moi cette erreur a fui ,

Et je regretté ce ! doux songe. • . ..

Ce cbarme n ? était qu’un mensonge ; Pourquoi fi’est-il évanoui ? ' *

Oui , pour moi lâ peine eut ses charmes ,

ÉP1TRES

C’était l’aliment de mon coeur. . ' Je*me complaisais dans mes larmes,

Je m’abreuvais* de leur douceur.

Le cœur a ses momens d’orage :

Je n’en fus point épouvanté ; *>-

J’insultais au bonheur du sage , Dédaignant sa tranquillité ; . . **.

J’aurais invoqué d’esclavage Comme un autre la liberté. ' r '

Courant après les sacrifices ,

Comme après le souverain bien ,

. *• • » • ■ • J’eusse affronté tous les supplices.

Et la mort -ne m’eût été rien.

Oh î pour le tendre objet qu’on aime

Comme on se plaît à la braver î

On pense en ce délire extrêjne ,

■ Que tout perdre*, c’est tout sauver. .

Du cœur humain nouveau problème ,

A quel point ai-je pu changer ! - Eh quoi ! ne suis-je plus moi-ipême ?

3a ÉPITRES.'

Tout en moi m’est-il étranger ? •

Plongé dans ma douleur profonde-,

Si l’amour n’eût rempli mon edeur, .J’aurais craint d’être seul au monde.

Désormais sur. moi seul je fonde. '

Le soin de mon propre bonheur.

Ainsi j’ai traversé la vie : •

Après ces' momens orageux Qu?en entier' jamais on x .n’oublie Plus tranquille,, et nqnplus heureux J’ai vu la tempête suivie *

D’un calme nouveau pour mes yeux.- Le repOs est l’état que j’aime Tout autre me semble fatal.

Ge que j’appelâis hien -suprême ,'. t .

Aujourd’hui serait presque uû mal.

Le corps sent aux transports d’ivresse Succéder la tendre langueur > Qu’on goûte au sein delà mollesse.

Crois que, de même* pour le cœur

K PITRES

Il est unte* dopce paresse * , , ,

Qui serait presque le bonheur, ^ \ / f * Si d’une -amorce enchanteresse • . **.,»

On j/eut jamais connu l’erreur. / " •

ÉFITRES.

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