‹ PoésiesChapitre 10 sur 58 · CHALEUR DE JUILLET · texte numérisé non relu

CHALEUR DE JUILLET

CHcALEUT{ VE JUILLET

A CHARLES DESFOXTAINES

JLrES jours longs et brûlants de Juillet sont venus. Les jeunes villageois, aux bras forts et charnus, Agacent dans les champs les filles aux seins nus Qui jasent, l'air alerte et la mine éveillée. Ruisselants de sueur, de fatigue accablés, Les moissonneurs se sont étendus dans les blés. Les bœufs, près de la mare en groupe rassemblés, S'abreuvent lentement dans l'onde ensoleillée.

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Le village est désert, brûlant, silencieux : Les jeunes sont aux champs tout le jour, et les vieux Fuient la lourde chaleur en s'enfermant chez eux. Nul souffle : le zéphyr retient sa fraîche haleine; Les oiseaux somnolents ont cessé leurs chansons; Tout se tait. Geais, moineaux, alouettes, pinsons, Merles, rendus muets, dorment dans les buissons. Et le Soleil domine en roi toute la plaine!

Bientôt les travailleurs vont revenir des champs, Abrégeant les longueurs du chemin par leurs chants : Moissonneurs et bergers, faneuses, jeunes gens, Au dernier rang, enfin, les filles babillardes. Et le soir, quand la Lune, à l'œil terne et blafard, Sur le Soleil mourant jettera son regard, Nous verrons, au son dur du violon criard, Danser le chœur joyeux des grasses campagnardes.

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