‹ PoésiesChapitre 14 sur 58 · CHANT DU FUMEUR · texte numérisé non relu

CHANT DU FUMEUR

J'aime encore à fumer le cigare en été, Quand les rayons ardents du soleil étincellent, Et répandent sur moi, tout plein de volupté, La joyeuse chaleur qu'en leur sein ils recèlent!

Quand l'automne est venu, tout démoralisé J'aime indifféremment cigares, cigarettes, Ou pipes; car l'automne est l'époque où, blasé, L'homme a vu s'envoler ses passions secrètes!

SO^d^CET

ous étions seuls tous deux, sur un bon canapé, — Je dis seuls, car X... ronflait d'une manière A faire croire un ours au fond de sa tanière, — Et de te contempler j'étais tout occupé!

J'avais entre mes mains un livre doux et tendre, Ce Musset, ce poète adoré des amants; Mais moi le lisant mal, et toi loin de l'entendre, Nous nous laissions aller à des rêves charmants!

Je te voyais si belle et si pleine de grâce Que je restais, les yeux attachés à ta face, Tandis que tu fermais les tiens nonchalamment;

Bientôt, m'enhardissant, j'approchai, je l'avoue,

Et j'osai déposer un baiser sur ta joue...

Mais, hélas! tu dormais, et bien profondément.'

M1I.NISML ]\

SÉLÉ^dlS^IE

ne nuit, malheureux amant, la mort au cœur, Je marchais triste et seul sur le bord de la dune Quand je vis, réjouie et blafarde, la Lune, Qui me narguait d'un air ricanant et vainqueur.

Rayonnante, au milieu des étoiles en chœur, Rieuse, elle planait sur l'immensité brune, Et, projetant sur moi sa lueur importune, Elle me contemplait de son grand œil moqueur.

]2 SÉLÉNISME

Sur les rampes du ciel mollement accoudée, Comme une veuve, belle encor, quoique fardée, D'un air si provocant, d'un œil si langoureux,

Elle me regardait, la jaune enchanteresse, Que j'en suis devenu follement amoureux. Depuis ce temps, la Lune est ma seule maîtresse.

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