‹ PoésiesChapitre 33 sur 58 · PARDON · texte numérisé non relu

PARDON

Hélas! j'ai passé mes belles années

A te désirer de mes vœux constants;

Et puis, maintenant, elles sont fanées,

Les fleurs sans parfum de mon court printemps,

Mais le noir malheur, enfin, t'a frappée, Tu sais à ton tour ce qu'est la douleur; Tu reviens, pleurant une amour trompée, L'âme déchirée et la mort au cœur!

Ne te souvenant que de ma tendresse, Oubliant pour moi tes cruels mépris, Tu viens dans mon cœur porter ta détresse, Mirer dans mes yeux tes deux yeux meurtris.

Et moi, maintenant, je devrais te dire : « Passe ton chemin, je ne t'aime plus. Femme, tu voudrais encor me séduire, Tes efforts sont vains, tes pleurs superflus!

PARDON 8f

« Dans le monde entier, sans pouvoir t'atteindre,

Je n'avais jamais désiré que toi;

Et ce vif amour que tu fis éteindre,

Tu voudrais encor le trouver en moi? »

Mais non; j'aime mieux mille fois te dire : « Aimons-nous, ma chère! aux douces amours, Le printemps passé, l'été peut suffire; Tu ne m'aimais pas : je t'aime toujours! »

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