‹ PoésiesChapitre 55 sur 58 · SUR L AMOUR · texte numérisé non relu

SUR L AMOUR

SU\ L'oAéMOU^

e feu sacré, brûlant, qui dévore et qui charme, Un geste, un mot qu'on laisse échapper, une larme, Un soupir, un regard, un sourire, un baiser, Un rien peut l'allumer; mais un rien peut l'éteindre. A chaque moment il faut craindre Qu'il ne s'éteigne, et, pour l'éterniser, Il faut sans cesse l'attiser.

église est pleine. Hélas! c'est pour un mariage; Les visages joyeux de tous me font frémir. Ah! qu'il est doux d'aimer à notre âge. A notre âge, Hélas! qu'il est dur de souffrir!

La voilà qui s'avance : elle est pâle, plus pâle Que son blanc vêtement; et l'orgue, au son moqueur, Ne retentit pour moi que comme un triste râle, Le râle de mon pauvre cœur!

Un mois plus tard, j'étais dans cette même église, Elle était pleine encor... toute tendue en noir. L'orgue retentissait, plus morne que la bise Qui souffle dans les bois le soir.

Tout est froid et lugubre; il semble que dans l'ombre De la nuit qui descend sur la terre, la Mort Sur nous étend son voile inévitable et sombre, Qu'à chacun destine le sort!

J 'aime les nuits d'été! l'immortelle nature La nuit me semble encor plus belle que le jour. Quand, par un léger souffle annonçant son retour, L'ombre descend sur terre avec un doux murmure;

Quand la blonde Phœbé, mystérieuse et pure, Détache sur les cieux son disque au blanc contour; J'aime les nuits d'été, j'aime les nuits d'amour, Qui flottent tièdement sur toute créature!

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