‹ Poésies: Iambes et poèmesChapitre 2 sur 80 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

\~J N dira qu'à plaisir je m'allume la joue;

Que mon vers aime à vivre et ramper dans la houe ;

Qu'imitant Diogène au cynique manteau.

Devant tout monument je roule mon tonneau;

Que j'insulte aux grands noms, et que ma jeune plume

Sur le peuple et les rois frappe avec amertum,e :

Que me font, après tout, les vulgaires abois

De tous les charlatans qui donnent de la voix.

Les marchands de pathos et les faiseurs d'emphase.

Et tous les baladins qui dansent sur la phrase?

Si mon vers est trop cru, si sa touche est sans frein.

C'est qu'il sonne aujourd'hui dans nn siècle d'airain.

Le cynisme des mœurs doit salir la parole.

Et la haine du mal enfante l'hyperbole.

Or donc je pins braver le regard pudibond :

Mon vers rude et grossier est honnête homme an fond.

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