DEUXIÈME VISION
PREMIER CHANT
tloïm dit : c Avant d'ouvrir les lèvres, pardonnez-moi, mon Dieul De quelle hauteur je suis descendu! Je ne suis pas un homme! » Surprise des hôtes. « Non, je fus créé un ange. J'étais un de ces esprits intermédiaires qui voient Dieu et les choses terrestres ; j'assistai à la créatioii de votre univers. Q^and l'homme eut été banni de la région fortunée qu'il habitait, je continuai à venir, chargé
de célestes messages, visiter la terre et ses habitants. L'homme n'était pas alors ce qu'il devint, de plus sa faute n'avait p.is terni sa divinité : il était plus grand, plus éclatant, plus beau. Je connus dans un des vallons de l'heureuse Arabie une jeune vierge. Son nom était Adha. Je lui apparaissais dans ses songes. Je les lui formais moi-même. Je muniiurais à son oreille des chants amoureux et célestes. Je la dégoûtais des hommages des hommes par des tableaux des amours immortelles.
DEUXIÈME CHANT
« Je l'enlevais sur mes ailes. Je la portais sur les nuages au-dessus des mers, dans les grottes où Taigle seul parvient. Elle m'aima; mais une loi de Dieu défendait aux esprits d'aimer au-dessous d'eux. Cependant mon délire croissait avec ses années, et, ne pouvant lui donner l'immortalité, un jour, par un instant fatal ou heureux, je formai dans mon cœur le vœu rapide de devenir mortel comme elle pour la posséder. A peine le vœu fut-il formé que mes ailes tombèrent ; l'apparence aérienne de mon corps se changea en matière. Je devins semblable à un homme, et j'entendis la voix d'en haut qui me dit:
« Sois homme, mais homme immortel, ou plutôt « renaissant sans cesse et subissant les diverses desti- « nées de l'homme, jusqu'à ce que par ta propre « force, tes vertus et tes épreuves, tu aies reconquis « ta destinée première. Alors tu mourras pour la der- « nière fois, et, si tu es jugé pur, tu redeviendras « auge et posséderas Dieu et ses œuvres, sinon tu « subiras la condamnation de l'homme réprouvé. La
« vie du Sauveur ne comptera pas pour toi. Il ne « descendra que pour Thomme. Tu feras toi-même ton « sort. » — Elle dit, et je perdis la mémoire. Je me réveillai au milieu des scènes de la vie.
TROISIÈME CHANT
« Cependant les iniquités de Thomme avaient déjà comblé les abîmes de la miséricorde céleste. » — Description des vices et de l'état de l'homme à cette époque : toute la nature agrandie et plus forte, le ciel sans nuage, les astres plus purs, le jour plus éclatant, la nuit comme un jour adouci, l'humidité de l'air inconnue, etc., etc. a Je vivais dans les premiers délices d'un amour mutuel. » — Description de la vie de l'homme avant le déluge : fertilité de la terre, fécondité des mers, animaux inconnus qui servaient l'homme, ville que les dey^ époux visitent, prophétie de Noé méconnue, sigme du ciel.
QUATRIÈME CHANT
Le déluge universel. Eloïm y assiste au sommet du Liban où il s'est réfugié avec une partie des hommes. — Description. — Il périt avec Adha et ses enfants.