‹ Poésies inéditesChapitre 17 sur 88 · SIMPLE HISTOIRE · texte numérisé non relu

SIMPLE HISTOIRE

u m'as connue au temps des roses, Quand les colombes sont écloses ; Tes yeux alors pleins de soleil Ont brillé sur mon teint vermeil.

Souriante à ma destinée.

Par la douce force entraînée, Je ne t'aimai pas à demi, Mon jeune ami, mon seul ami !

A l'élonnemenl de nos âmes, Tout jetait des fleurs et des flammes; Une feuille, un bruit de roseaux Nous semblaient des hymnes d'oiseaux.

Quand ce beau temps sur notre tête Sonnait à chaque heure une fêle, Nous n'étions mortels qu'à demi, Mon jeune ami, mon seul ami !

Puis tu t'en allas vers ta mère.

Et la vie eut une ombre amère;

Autour de mon sort languissant, L'été même allait pâlissant.

Les roses me paraient encore; Mais déjà, pleurant l'autre aurore, Je n'aimai plus rien qu'à demi, Sans mon ami, mon seul ami!

Un jour, l'invincible espérance Poussa ton vaisseau vers la France :

Tu me ranimas sur ton cœur....

Jeune, on ne meurt pas de bonheur!

Mais la guerre appelait tes armes...

Sous tant de baisers et de larmes. Je ne t'ai revu qu'à demi, Mon jeune ami, mon seul ami !

Plus tard, un enfant du village Accourut, tout pâle au visage, Disant: « Voulez-vous le revoir?

Demain ce sera sans espoir.

Déjà les prières sont faites, Venez vite; comme vous êtes... »

Et je revins morte à demi.

Mon pauvre ami ! mon seul ami !

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