‹ Poésies inéditesChapitre 2 sur 88 · LES CLOCHES ET LES LARMES · texte numérisé non relu

LES CLOCHES ET LES LARMES

I^^UR la terre où sonne l'heure,

Tout pleure, ah ! mon Dieu, tout pleure.

L'orgue sous le sombre arceau, Le pauvre offrant sa neuvaine, Le prisonnier dans sa chaîne El l'enfant dans son berceau ;

Sur la terre où sonne l'heure.

Tout pleure, ah ! mon Dieu, tout pleure.

La cloche pleure le jour Qui va mourir sur l'église, Et celte pleureuse assise, Qu'a-t-elle à pleurer?... L'amour.

Sur la terre où sonne l'heure,

Tout pleure, ah ! mon Dieu , tout pleure.

Priant les anges cachés D'assoupir ses nuits funestes

Voyez, aux sphères célestes, Ses longs regards attachés.

Sur la terre où sonne l'heure,

Tout pleure, ah! mon Dieu, tout pleure.

Et le ciel a répondu :

« Terre, ô terre, attendez l'heure !

J'ai dit à tout ce qui pleure.

Que tout lui sera rendu. »

Sonnez, cloches ruisselantes!

Ruisselez, larmes brûlantes !

Cloches qui pleurez le jour !

Beaux yeux qui pleurez l'amour!

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