‹ Poésies inéditesChapitre 58 sur 88 · LA GRANDE PETITE EILLE · texte numérisé non relu

LA GRANDE PETITE EILLE

lAMAN ! comme on grandit vile !

Je suis grande, j'ai cinq ans !

Eh bien, quand j'étais petite, J'enviais toujours les grands.

Toujours, toujours à mon frère, S'il venait me secourir, Même, quand j'étais par terre, Je disais : « Je veux courir ! »

Ah ! c'était si souhaitable De gravir les escaliers !

A présent, je dine à table ; Je danse avec mes souliers I

Et ma cousine Mignonne A qui j'apprends à parler Du haut des bras de sa bonne Boude, en me voyant aller.

Pauvre enfant ! Qu'elle est gentille Quand elle pleure après moi 1 J'en fais ma petite fille ; Je la baise comme toi,

Lorsque , me voyant méchante.

Tu chantais pour me calmer.

Je la calme aussi ; je chante Pour la forcer de m'aimer.

Et puis, maman, je suis forte.

Bon papa te le dira.

Son grand fauteuil, à la porte.

Sais-tu qui le roulera?

Moi 1 c'est sur moi qu'il s'appuie Quand son pied le fait souffrir ; C'est moi qui le désennuie Quand il dit : « Viens me guérir 1 »

0 maman , je te regarde Pour apprendre mon devoir , Et c'est doux d'y prendre garde Puisque je n'ai qu'à te voir.

Quand j'aurai de la niéiiioire , C'est moi (jui tiendrai la clé, Wni\-tu, de la grande armoire Où le linge est empilé ?

Nous la polirons nous-mêmes De cire à la bonne odeur ; 0 maman, puisque lu m'aimes Je suis sage avec ardeur !

Nous ferons l'aumôno ensemble Quand tes chers pauvres viendront.

Un jour, si je le ressemble , Maman ! comme ils m'aimeront !

Je sais ce que tu vas dire ;

Tous tes mots, je m'en souviens.

Là , j'entends que Ion sourire

Dit : « Viens m'embrasser ! » Je viens '

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