LA GRANDE PETITE EILLE
lAMAN ! comme on grandit vile !
Je suis grande, j'ai cinq ans !
Eh bien, quand j'étais petite, J'enviais toujours les grands.
Toujours, toujours à mon frère, S'il venait me secourir, Même, quand j'étais par terre, Je disais : « Je veux courir ! »
Ah ! c'était si souhaitable De gravir les escaliers !
A présent, je dine à table ; Je danse avec mes souliers I
Et ma cousine Mignonne A qui j'apprends à parler Du haut des bras de sa bonne Boude, en me voyant aller.
Pauvre enfant ! Qu'elle est gentille Quand elle pleure après moi 1 J'en fais ma petite fille ; Je la baise comme toi,
Lorsque , me voyant méchante.
Tu chantais pour me calmer.
Je la calme aussi ; je chante Pour la forcer de m'aimer.
Et puis, maman, je suis forte.
Bon papa te le dira.
Son grand fauteuil, à la porte.
Sais-tu qui le roulera?
Moi 1 c'est sur moi qu'il s'appuie Quand son pied le fait souffrir ; C'est moi qui le désennuie Quand il dit : « Viens me guérir 1 »
0 maman , je te regarde Pour apprendre mon devoir , Et c'est doux d'y prendre garde Puisque je n'ai qu'à te voir.
Quand j'aurai de la niéiiioire , C'est moi (jui tiendrai la clé, Wni\-tu, de la grande armoire Où le linge est empilé ?
Nous la polirons nous-mêmes De cire à la bonne odeur ; 0 maman, puisque lu m'aimes Je suis sage avec ardeur !
Nous ferons l'aumôno ensemble Quand tes chers pauvres viendront.
Un jour, si je le ressemble , Maman ! comme ils m'aimeront !
Je sais ce que tu vas dire ;
Tous tes mots, je m'en souviens.
Là , j'entends que Ion sourire
Dit : « Viens m'embrasser ! » Je viens '