UN DÉSERTEUR
^3^'entends sonner dimanche Qu'ils sont heureux là-bas.
Devant l'église blanche, Parlant haut, priant bas l Quand tout se sent renaître Au ciel doux et chaud, C'est le bon Dieu peut-ôlre Qui dore mon cachot !
Ma mère î ma mère !
Qui priez là-bas, Dans votre prière Ne m'accusez pas!
De garde à la frontière, Sur mon fusil penché.
J'écoutais sous la pierre Un filet d'eau caché.
Puis, songeant à vos larmes Au fond de vos yeux doux,
J'ai jeté là mes armes Pour m'élancer vers vous !
Ma mère ! ma mère !
Qui priez là-bas, Dans voire prière Ne pleuriez-vous pas?
Plus loin l'tîau sans entrave Appelait le nageur, Et lassé d'êlre esclave Je me fis voyagenr.
Une senteur d'automm^ Ouvrail mon souvenir, El le canon qui lonrje N'eut pu me retenir. . . .
Ma mère ! ma mère !
Qui priez là -bas, Dans votre prière N'appeliez-vous pas?
Les parfums du village Troublent l'humble soldai; Moi, je n'eus de courage Qu'aux périls du combat.
A mes plaisirs d'onfance J'avais rêvé le soir, El, tout fiévrcnix d'absence, J'ai couru vous revoir. . . .
Ma mère ! ma mère!
Qui priez là-bas Dans votre prière N'attendiez-vous pas?
Au tond de la nuit sombre, M'excitant à marcher, Comme un géant dans l'ombre Se dressait mon clocher.
Et notre blanche église M'attirait à genoux Sous la croix où Louise Est couchée avant nous.
Ma mère! ma mère!
Qui priez là-bas.
Dans votre prière N'y pensiez-vûus pas?
La mort donne qui II an ce Au soldat égaré,
Puisqu'après la sentence Mes juges ont pleuré.
Paix ! voici la parade Emplissant le chemin, Et mon vieux camarade Qui me tùra demain. . . .
Ma mère ! ma mère !
Qui priez là-bas, Dans votre prière Ne m'attendez pas 1
Musique militaire
Qui bondis sur mon cœur, Atteindras-tu sous terre Le pauvre déserteur ? . . . .
Les cloches sur ma tête Sont bonnes de courir. . .
Ce carillon de fête M'encourage à mourir. . .
Ma mère ! ma mère !
Qui priez là-bas, Dans votre prière Ne m'oubliez pas !