‹ Poésies inéditesChapitre 78 sur 88 · PILEUSE · texte numérisé non relu

PILEUSE

,A fileuse file en \ersanl des larmes ; Sur son lin choisi s'inclinent ses charmes. Le fil onblié glisse de ses doigts, El ses chants d'oiseau tremblent dans sa voix.

Sa quenouille esi là toute négligée. . . Oh! d'un jour à l'autre on est si changée! Quoi ! plus une rose à son front rêveur! Qu'est-ce donc (ju'elle a? J<» crois qu'elle a peur.

Elle était hier au banc de l'enfance

Avec ses fuseaux pour toute défense;

Mais le soir l'enfant ne les avait pas

Quand quelqu'un dans l'ombre a suivi ses pas.

Personne aujourd'hui ne la voit plus rire. En si peu d'instants qu'a-t-on pu lui dire? Ah ! pour qu'elle file en versant des pleurs, Il faut que dans l'ombre on ait pris ses fleurs !

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