LETTRE A L’EDITEUR
libres loisirs que donnent ia fortune et une position sociale,, Yaarca mcdiocrilas , la condition d’Horace pour les poètes et les écrivains. J’allai au fond, je trouvai un jeune homme, né de lui-même , élevé dans batelier d’une humble famille dont tous les titres étaient des vertus , dont toute la richesse était un des métiers les plus vulgaires de la vie , et qui fatiguait ses propres bras à gagner le pain de sa femme et de ses enfans avant de se retirer le soir dans un coin de son laboratoire et de rêver, à la lueur de sa lampe, ces poésies qui s’en échappaient sur leurs propres ailes pour aller appeler l’attention et l’admiration sur le nom de leur auteur.
Comme le public et avant le public , je fus frappé de cette disparité entre 1 homme et l’art, entre la position sociale et le noble exercice des plus hautes facultés de l’intelligence. J’en estimai l’homme davantage; j’en aimai davantage la poésie. J’y entrevis de plus un des premiers symptômes de ce beau phénomène social que la politique et les mœurs
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commencent à opérer dans le monde; l'exercice de la pensée et de l’ame s’associant par une instruciion universelle à l’exercice des plus humbles métiers. L’égalité des intelligences lorscpie la nature et Dieu les ont faites égales, se manifestant dans les lettres. Les nobles études appelant tous à tout, élevant le niveau commun, confondant les classes, faisant vivre du même pain intellectuel tous ceux qui vivent du même pain du jour, et réalisant dans le domaine de la pensée cette république des intelligences où les droits ne sont que des dons de Dieu , où les fonctions ne sont que des services , où la Dictature n’est que du Génie ; et je me réjouis.
Nous voyons dans l’antiquité, des hommes avant exercé des métiers manuels, tenir en-
suite la Ivre, honorer Athènes et Rome, et conquérir l’immortalité à leur nom. Mais ces hommes avaient été élevés par une aristocratie qui les possédait et qui se faisait une vanité de leur gloire ; ils étaient la propriété de leur maître, 11 était réservé à nos temps modernes,