A LA MEK
Il survient de ces bruits inattendus et vagues ; Quand le vent pousse au bord les loin laines rumeur Qu’il dérobe en passant à la voix des rameurs , Alors que , recourbés et relevés ensemble ,
À la lueur du soir qui s’enfuit et qui tremble,
Sur ton miroir mouvant, pour charmer leur ennui Ils livrent leurs chansons aux brises de la nuit ; Lorsque sans murmurer s’abaissant au rivage ,
Le Ilot humilié reconnaît son servage :
Et semble se traîner sur ton sable riant ,
Comme un esclave aux pieds d’un roi de l’Orient ; Quand d’un profond sommeil dort ton onde aplatie Ainsi qu’un peuple heureux , en sa douce apathie , Qui 11e s’expose point a de grands désarrois ,
Et laisse prolonger le règne de ses rois
Mais surtout quand le vent du raidi sur la plage D’un sinistre frisson agitant le feuillage ,