‹ Poésies (volume 4)Chapitre 41 sur 49 · CONTRE LE DEY D'ALGER · texte numérisé non relu

CONTRE LE DEY D'ALGER

Si le serpent à son oreille D'importuns sifflemens fait retentir les airs,

Retenant son noble courage, Le quadrupède, encor tout endormi , Soulève sa crinière et pousse un cri sauvage ,

Sûr qu'il n'en faut pas davantage Pour éloigner son indigne ennemi :

Mais si cet ennemi s'obstine, comme un foudre Il part la flamme dans les yeux, Et de ses ongles furieux Il déchire, il disperse, et laisse sur la poudre Les anneaux palpitans du reptile odieux.

L'ARABE A SON COURSIER

Orabe à son Coursier.

L'or des princes n'a pu suffire Pour t'arrachcr d'auprès de moi , Mais aussi qui pourrait se dire Plus ardent et plus beau que toi?

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L'ARABE A SON COURSIER

Noir, et bien plus noir que Fébène Ton poil uni brille pareil Aux claires eaux de la fontaine Que frappent les feux du soleil,

Lorsque , te livrant la carrière , Je te presse de mes genoux, Mon œil charmé voit ta crinière Bondir comme un flot en courroux

L'aigle semble avoir de ses ailes Muni tes flancs impétueux; Et le serpent dans tes prunelles A mis la flamme de ses yeux.

Ton vol est celui de Forage.

Pour toi les airs ont une voix :

Ils bruïssent à ton passage Gomme les traits de mon carquois.

L'ARABE A SON COURSIER

Sans toi nos tribus florissantes N'auraient pas un si beau destin ; Ton audace remplit leurs tentes Et de captifs et de butin,

Mais, calme à l'abri de ces roches , Pourquoi ce prompt frémissement?

Soupçonnerais-tu les approches Du fils hardi de l'occident?

Tes naseaux hument l'air qui passe , Ton pied , rival des aquilons , Demande à dévorer l'espace, Et ton regard me dit : Allons !

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