LA SOMNAMBULE
De son sein l'albâtre mouvant Monte et descend, pareil à la vague marine ; La harpe est entre ses genoux :
On dit que sa voix est divine ; Elle va chanter : taisons-nous.
« O nuit ! épanche ta rosée :
Mon front se courbe de langueur; Je suis semblable à cette fleur Que dans un jour brûlant on n'a pas arrosée.
« Soulageons-nous des contraintes du jour; Que mon cœur enfin se révèle; Zéphyr, que le bruit de ton aile Soit un frémissement d'amour!
« Dis-moi ce qu'un amant à celle qu'il adore Peut dire de plus doux, de plus délicieux. Etreins-moi mollement : je soupire; tu peux Calmer le mal qui me dévore.