‹ Poésies (volume 5)Chapitre 40 sur 63 · LA SOMNAMBULE · texte numérisé non relu

LA SOMNAMBULE

De son sein l'albâtre mouvant Monte et descend, pareil à la vague marine ; La harpe est entre ses genoux :

On dit que sa voix est divine ; Elle va chanter : taisons-nous.

« O nuit ! épanche ta rosée :

Mon front se courbe de langueur; Je suis semblable à cette fleur Que dans un jour brûlant on n'a pas arrosée.

« Soulageons-nous des contraintes du jour; Que mon cœur enfin se révèle; Zéphyr, que le bruit de ton aile Soit un frémissement d'amour!

« Dis-moi ce qu'un amant à celle qu'il adore Peut dire de plus doux, de plus délicieux. Etreins-moi mollement : je soupire; tu peux Calmer le mal qui me dévore.

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