‹ Poésies (volume 5)Chapitre 8 sur 63 · C RÉPONSE · texte numérisé non relu

C RÉPONSE

Cet espoir de laisser un noble souvenir, Me fais sacrifier, chaque jour de ma vie , Sur les autels de l'avenir.

C'est toi qui fus pour moi cet ange de lumière, Qui se laisse tomber du haut du firmament, Et qui, sur le palais, comme sur la chaumière. Se repose indifféremment.

Tu t'abattis vers moi : des sphèresjmmortclles Tu me vantas l'éclat, les chœurs mystérieux, Et soudain, comme toi , je secouai mes ailes. Et nous partîmes pour les cieux !

Quelle extase inconnue a subjugué mon être ! Quel jour éblouissant mes yeux ont vu paraître!

Et quel concert ai-je entendu!

Dans ces ravissemens mon ame s'évapore : Et je voulais franchir quelques mondes encore....

Sans toi je m'y serais perdu !

KÉPONSE A M. DE LAMARTINE. 37

Mais tu m'as dit : « Voilà l'inflexible barrière. « Tii vas voir s'éclipser nos songes de lumière,

« Descendons : les ordres divins « Veulent que ce bonheur, ces clartés sans mélange , « Passent rapidement, pour que l'homme, de l'ange

« N'envahisse pas les destins.

(( Attendons que le temps ait achevé sa course; « Que la mort à l'esprit abandonne la source

« De cette pure volupté; « Que des jours éternels l'astre éternel se lève; « Alors, la terre alors ne sera que le rôve ,

«Et le ciel la réalité.»

Et quand tu me rendis aux terrestres domaines, Je sentis s'allumer une fièvre en mes veines,

Dont rien n'a pu calmer l'ardeur; Si ce n'est une lyre entre mes mains vibrante, Et faisant apparaître une image enivrante

De tout ce qu'éprouva mon cœur.

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