‹ PoésiesChapitre 103 sur 225 · I$U,LAI)ES · texte numérisé non relu

I$U,LAI)ES

Le frère se tait, et tire de sa ceinture la lettre de séparation, enveloppée dans une soie de pourpre. Klle retournera dans la demeure de sa mère, libre de choisir un autre époux.

En voyant la lettre fatale, elle baise le front de ses deux jeunes fils , elle baise la joue de ses deux filles ; mais, helas ! dans sa douleur amere, elle ne peut s'arracher du berceau du nourrisson !

Le frère impétueux l'en arrache, sur son vaillant coursier il la porte . et vole ainsi avec l'épouse désolée droit à la demeure élevée de son père.

Peu de temps s'écoula, sept jours a peine; au fait, bien peu de temps; par plus d'un grand seigneur la veuve, encore en deuil, fut recherchée en mariage.

Entre eux, le plus illustre était le cadi d*Imoski,' et la femme en pleurant dit a son frère : « Je t'en conjure par ta x ie, ne me donne pas a un autre en mariage; que la vue de mes pauvres chers enfants ne me brise pas le cœur ! »

Le frère ne tient pas compte de ses paroles, résolu a la marier au cadi. Mais la pauvre femme le supplie instamment : a Du moins , 6 frère ! envoie au cadi d'Imoski une lettre ainsi conçue ; « La jeune veuve te salue amicalement, et demande sur toutes choses que, lorsque tes Suâtes t'accompagneront, tu lui apportes un long voile dont, en passant devant la maison d"Hassan, elle se couvre pour ne pas voir ses chers orphelins ! »

A peine il a lu cette lettre, le cadi rassemble ses Suâtes, et se prépare a aller chercher sa fiancée avec le voile qu'elle réclame.

On arrive heureusement a la maison de la princesse, on en repart de même ; mais, comme ils approchent de la maison d'Hassan, voila que, d'en haut, les enfants aperçoivent leur mère, et lui crient : « Reviens dans ton palais; viens manger le pain du soir avec tes enfants. » A ces mots, la tristesse pénètre au cour de l'épouse d'Hassan ; et, se tour-

UALLADKS. 8")

nant vers le prince des Suâtes : « Laisse, dit-elle, les Suâtes et les chevaux s'arrêter un peu devant la porte de ceux qui me sont chers; laisse que je donne encore une fois des cadeaux à mes petits enfants.

Et tandis qu'on fait halte devant la porte, elle donne des présents à ces pauvres petits ; aux fils elle donne des brodequins brodés d'or, aux filles de longs et riches vêtements, et le nourrisson, abandonné dans son berceau reçoit d'elle, pour l'avenir, une petite robe.

Cependant le père, Hassan- Aga, qui se tenait à l'écart, rappelant ses enfants chéris d'une voix triste : « Revenez à moi, dit-il, pauvres petits, le cœur de votre mère est de fer désormais, et ne s'ouvre plus à la tendresse. »

A peine elle entend ces paroles, l'épouse d'Hassan pâlit et roule à terre, et son âme s'échappe de son sein lorsqu'elle voit fuir ses enfants devant elle.

l\ l'HEMIÉRR NUIT DE WALPUR6IS.

CANTATE

UN DRUIDE

Riant mois de mai ! le bois est libre, la glaee et le givre ont cessé de pendre aux arbres. La neige est partie; dans les verts gazons retentissent des chants de joie ; une neige pure s'étend sur la hauteur. Hâtons-nous vers la hauteur ; venez, selon notre usage antique et sacré, rendre hommage au Père universel. Que la flamme brille à travers la fumée î ainsi le cœur s'élève !

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