ODE TROISIEME
Sois insensible! un cœur facile a s'émouvoir est un triste présent sur cette terre chancelante.
Véritable ours, que jamais le sourire du printemps n'eclaire ton Iront, que jamais les mûmes d'hiver n'y marquent le chagrin.
Ne t'appuie jamais sur le sein d'une jeune fille, ce. sein qui berce les cœurs ; jamais sur le bras secourable d'un ami.
odes. !»:;
L'Envie, du fond de sa dunette escarpée, concentre sur toi ses regards de lynx.
Elle étend ses serres, se précipite, et te les plonge, la sournoise qu'elle est, dans les épaules.
Ses bras maigres sont forts comme ceux d'une panthère , elle te secoue et t'enlève.
La séparation est la mort ; c'est une triple mort qu'une séparation sans espoir de se revoir.
Tu quitterais volontiers ce pays détesté, si l'amitié, par des liens de fleurs, ne t'enchainait à moi.
Brise-les donc ! Un noble ami ne retient pas dans sa captivité son ami qui peut fuir.
L'idée de la liberté de son ami est liberté pour lui dans son cachot.
Tu pars, je reste. Mais déjà autour de l'axe fumant se meut la roue de la dernière année.
Je compte chaque coup de la tonnante roue, et bénis le dernier ; les verroux tombent , et , comme toi , je suis libre !