‹ PoésiesChapitre 141 sur 225 · LES SCEPTIQUES · texte numérisé non relu

LES SCEPTIQUES

Vous aime/, et vous écrivez des sonnets ! Peste soit de la fantaisie! La puissance du cœur, pour se manifester, ira

choisir des rimes et les accouplera? enfants, croyez-le bien, vos efforts seront vains.

A peine encore si dans sa liberté la plénitude du cœur parvient à s'exprimer; elle se concentre, puis, comme un torrent, déborde par toutes les cordes, puis se replonge dans la nuit et le silence.

Pourquoi vous tourmenter, vous et nous, à rouler pas à pas, sur un sentier ardu, une pierre pesante qui retombe toujours, malgré vos efforts redoublés ?

LES AMOUREUX

Au contraire, nous sommes dans le bon chemin ! Pour fondre la plus dure substance, il faut que le feu de l'amour brûle de toute son énersie.

LA JEUNE EILLE.

Je doute cependant du sérieux de ces lignes croisées! Je prête, il est vrai, volontiers attention à tes jeux de sj I labes; mais il me semble que ce que les cœurs sentent bien, cela, mon doux ami, n'a point besoin d'être limé.

Le poète a coutume, pour distraire les gens, de fouiller son être intérieur de fond en comble ; toutefois il sait rafraîchir ses blessures, et guérir les plus profondes avec des mots magiques.

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