‹ PoésiesChapitre 201 sur 225 · HÉGIRE · texte numérisé non relu

HÉGIRE

Le Nord , l'Ouest et le Sud éclatent ; les trônes s'entr'ouvrent, les empires croulent; fuis, va respirer en Orient l'air pur des patriarches, et dans l'amour, l'ivresse et le chant , te retremper aux sources de Chisa !

Là-bas , dans un élément sain , je veux remonter aux origines des races humaines, lorsqu'elles recevaient encore de Dieu les dogmes célestes dans les langues de la terre et ne se rompaient pas la cervelle ;

Lorqif elles révéraient les aïeux , défendaient tout culte étranger. Je veux prendre plaisir à ces mœurs restreintes des peuples jeunes : vaste croyance, pensée étroite; parole d'autant plus puissante qu'elle est parlée.

Je veux me mêler aux pasteurs, me rafraîchir à l'oasis, lorsque errant avec les caravanes, je ferai le trafic des schalls, du café, de l'ambre ; je veux fouler chaque sentier du désert aux cités.

Que je monte ou descende les mauvais chemins rocailleux , Hafis , tes chants me consoleront , tes chants que, du haut de son mulet, le guide chante avec ravissement pour éveiller les étoiles et pour effrayer les brigands.

Je veux, dans les bains, dans les hôtelleries, penser à toi, divin Halis; a toi, quand l'amante expose à l'air son voile et secoue les parfums de ses cheveux ambres; oui... <t que l'amoureux chuchotement du poète irrite le désir jusque dans le sein de la houri.

Si d<' cela \ous lui en voulez le moins du monde, apprenez que les paroles du poëte voltigent incessamment autour des portes du paradis et frappent, implorant l'immortalité.

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