‹ PoésiesChapitre 24 sur 225 · LE NOUVEL AMADIS · texte numérisé non relu

LE NOUVEL AMADIS

Quand j'étais encore un enfant, on m'enferma ; et je passai mainte année de la sorte, seul avec moi-même, comme dans le corps de ma mère.

Mais tu fus mon passe-temps, Fantaisie aux ailes d'or ; j'étais un héros ardent comme le prince Pipi, et je courais le monde.

Je bâtissais maint château de cristal, et le renversais aussi ; je lançais mes traits flamboyants a travers le ventre des dragons, oui, j'étais un homme!

Alors, en vrai chevalier, je délivrais la princesse Dorade. Elle était vraiment gracieuse, elle me conduisait a table, et j'étais fort galant.

Son baiser était une manne des dieux , brûlant comme le vin. Ah ! j'aimais à en mourir ! Elle était toute émaillée de rayons du soleil.

Ah! qui me l'a enlevée ? nul lien magique ne pouvait-il donc empêcher sa fuite rapide ? Dites, ou est son pays ! ou est la route qui y mène?

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