DÉCLARATION DE GUERRE
Si pourtant j'étais belle comme les filles des champs : Elles porteut des chapeaux jaunes avec un ruban rose !
Il est permis, pensais-je, de croire qu'on est belle. Hélas I dans la Mlle, pour mon malheur, je l'ai cru.
Maintenant , au printemps , ah ! c'en est fait de mes joies ; les filles des campagnes captivent tous ses sens !
Si je changeais, sur l'heure, ma robe et ma tournure : corset plus long, cotillon court !
Bon ! me voici en chapeau de paille , en corset blanc comme la neige , et fauchant avec les autres le trèfle épanoui.
Le voyez-vous, le jeune libertin, qui flaire dans le groupe un morceau délicat ; du coin de l'œil il me fait signe de le suivre chez lui.
Je raccompagne toute confuse, il ne me reconnaît pas ; il me pince les joues et lorgne mon minois.
La fille de la ville vous déclare la guerre, à vous donzelles, et doubles charmes triompheront.