‹ PoésiesChapitre 71 sur 225 · DÉCLARATION DE GUERRE · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DE GUERRE

Si pourtant j'étais belle comme les filles des champs : Elles porteut des chapeaux jaunes avec un ruban rose !

Il est permis, pensais-je, de croire qu'on est belle. Hélas I dans la Mlle, pour mon malheur, je l'ai cru.

Maintenant , au printemps , ah ! c'en est fait de mes joies ; les filles des campagnes captivent tous ses sens !

Si je changeais, sur l'heure, ma robe et ma tournure : corset plus long, cotillon court !

Bon ! me voici en chapeau de paille , en corset blanc comme la neige , et fauchant avec les autres le trèfle épanoui.

Le voyez-vous, le jeune libertin, qui flaire dans le groupe un morceau délicat ; du coin de l'œil il me fait signe de le suivre chez lui.

Je raccompagne toute confuse, il ne me reconnaît pas ; il me pince les joues et lorgne mon minois.

La fille de la ville vous déclare la guerre, à vous donzelles, et doubles charmes triompheront.

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