‹ PoésiesChapitre 91 sur 225 · LE PAGE ET LA MEUNIÈRE · texte numérisé non relu

LE PAGE ET LA MEUNIÈRE

LE PAGE

Où donc, ou donc vas-tu, belle meunière ? ton nom?

LA MEUNIÈRE

Lise.

LE PAGE

Où donc, ou donc vas -tu avec ton râteau dans la main ?

LA MELMÈRE.

A la terre de mon père, au champ de mon père.

LE PAGE

Et seule ainsi?

LA MEUNIÈRE

On doit rentrer le foin, voilà ce que mon râteau signifie; et dans le jardin attenant, les poires commencent à mûrir, je les veux cueillir.

LE PAGE

N'y a-t-il point un feuillage discret par-la?

LA MEUNIÈRE

11 y en a bien deux, un à chaque coin.

LE PAGE

Je te suis, et vers les chaleurs de midi nous nous y cacherons, n'est-ce pas, sous le toit vert hospitalier?

LA MEUNIÈRE

Et les histoires?

LE PAGE

Tu reposeras dans mes bras.

LA MEUNTÈBE.

Non pas ! qui étreint la gente meunière est trahi sur-lechamp. J'aurais peine d'enfariner ainsi votre bel habit de couleur foncée. Cherchons nos égaux, là seulement est le bien. Dans cette loi je veux vivre et mourir. Mon cœur s'est choisi le garçon -meunier et celui-là n'a rien à gâter

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