‹ PoésiesChapitre 96 sur 225 · EFFET À DISTANCE · texte numérisé non relu

EFFET À DISTANCE

La reine est dans la grande salle ou brûlent tant de ilambeaux ; elle dit au page : a Cours vite et me rapporte ma bourse à jeu, tu la trouveras sur le bord de ma table. » L'enfant s'élance , et touche lestement à l'autre bout du château .

Près de la reine, en ce moment, la plus belle de ses femmes prenait un sorbet ; tout à coup la tasse se brise sur sa bouche, que c'était une horreur à voir ! Embarras, confusion ! c'en est fait de l'habit de cour I elle se hâte et vole lestement à l'autre bout du château.

Le page reveuait en courant au-devant de la belle éplorée. Personne n'en savait rien, mais tous deux se gardaient leur cœur l'un à l'autre. Heureux hasard, ô bonheur! Us s'élancent sein contre sein, et s'étreignent et s'embrassent a cœur joie.

Cependant tous les deux se séparent ; elle, court dans son appartement; lui, s'empresse vers la reine, à travers les éventails et les épées. La princesse remarque une tache sur sa jaquette : impossible de lui rien cacher, c'était une véritable reine de Saba.

Et faisant appeler la grande-maîtresse : « Nous discutions dernièrement, et vous prétendiez, sans vouloir en démordre, crue l'esprit ne peut rien sur l'espace. La présence seule, disiez-vous, laisse des traces, et personne n'agit à distance, pas même les étoiles célestes.

a Maintenant, voyez ! on répand tout à l'heure cette liqueur à mes côtés , et voilà qu'elle, inonde à l'instant la \este de cet enfant eçaré là-bas. — Songe a t'en procurer

une neuve! En récompense de l'exemple qu'elle me fournit, je la paie ! sans cela tu serais grondé. »

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