‹ PoésiesChapitre 28 sur 64 · FIGUREZ-VOUS UN PEU · texte numérisé non relu

FIGUREZ-VOUS UN PEU

Oh ! qu'une, d'Elle-même, un beau soir, sût venir, Ne voyant que boire à Mes Lèvres ! ou mourir

Je m'enlève rien que d'y penser ! Quel baptême De gloire intrinsèque, attirer un « Je vous aime » I

(L'attirer à travers la société, de loin,

Comme l'aimant la foudre ; un', deux ! ni plus, ni moins.

Je t'aime ! comprend-on ? Pour moi tu n'es pas comme Les autres ; jusqu'ici c'était des messieurs, l'Homme...

Ta bouche me fait baisser les yeux ! et ton port Me transporte! (et je m'en découvre des trésors...)

Et c'est ma destinée incurable et dernière D'épier un battement à moi de tes paupières 1

Oh ! je ne songe pas au reste I J'attendrai, Dans la simplicité de ma vie faite exprès...

Te dirai-je au moins que depuis des nuits je pleure, Et que mes parents ont bien peur que je n'en meure?.

Je pleure dans des coins ; je n'ai plus goût à rien ; Oh ! j'ai tant pleuré, dimanche, en mon paroissien \

Tu me demandes pourquoi Toi? et non un autre... Je ne sais ; mais c'est bien Toi, et point un autre !

J'en suis sûre comme du vide de mon cœur, Et... comme de votre air mortellement moqueur...

— Ainsi^ elle viendrait, évadée, demi morte, Se rouler sur le paillasson qu'est à ma porte 1

Ainsi, elle viendrait à Moi 1 les yeux bien fous Et elle me suivrait avec cet air partout I

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