ESTHÉTIQUE
Je fais la cour à ma Destinée;
Et demande : « Est-ce pour cette année ? »
Je la prends par la douceur, en Sage, Tout aux arts, au bon cœur, aux voyages...
Et vais m'arlequinant des défroques
Des plus grands penseurs de chaque époque.
Et saigne ! en jurant que je me blinde Des rites végétatifs de l'Inde...
Et suis digne, allez !, d'un mausolée En pleine future Galilée!
DliS FLEUriS DE BONNE VOLONTÉ 153
De la meilleure grâce du monde,
Donc, j'attends que l'Amour me réponde...
Ah ! tu sais que Nul ne se dérange, Et que, ma foi, vouloir faire l'ange..
Je ferai l'ange ! Oh ! va, Destinée, Ta nuit ne m'irait pas chiffonnée !
Passe ! et grâce pour ma jobardise...
Mais, du moins, laisse que je te dise,
Nos livre*bons, entends-tu, nos livres Seuls, te font ces yeux fous de Survivre
Qui vers ta Matrice après déchaînent Les héros du vioi et du sans-gêne.
Adieu. Noble et lent, vais me remellre A la culture des Belles-Lettres.
);)4 POËSIUS
DIMANCHES
0 Dimanches bannis De l'Infini Au delà du microscope et du télescope, * Seuil nuptial où la chair s'affale en syncope..
Dimanches citoyens Bien quotidiens De cette école à vieux cancans, la vieille Europe, Oîi l'on tourne, s'en tricotant des amours myopes...
Oh 1 tout Lois sans appel, Je sais, ce Ciel, El non un brave toit de famille, un bon dôme Où s'en viennent mourir, très-appréciés, nos psaumes t
C'est fort beau comme fond A certains fronts, Des Lois ! et pas de plus bleue matière à diplômes... — Mais, c'est pas les Lois qui fait le bonheur, hein l'Homme?
inr, POESIES
DIMANCHES
Oh! ce piano, ce cher piano, Qui jamais, jamais ne s'arrête, Oh I ce piano qui geint là-haut Et qui s'entête sur ma tête I
Ce sont de sinistres polkas, Et des romances pour concierge, Des exercices délicats, Et La Prière d'une vierge!
Fuir ? où aller, par ce printemps ?
Dehors, dimanche, rien à faire...
Et rien à fair' non plus dedans...
Oh ! rien à faire sur la Terre !...
Ohé, jeune fille au piano !
Je sais que vous n'avez point d'âme 1 Puis pas donner dans le panneau De la nostalgie de vos gammes...
Fatals bouquets du Souvenir, Folles légendes décaties, Assez ! assez ! vous vois venir.
Et mon âme est bientôt partie...
Vrai, un Dimanche sous ciel gris,
Et je ne fais plus rien qui vaille,
Et le moindre orgu' de Barbari
(Le pauvre!) m'empoigne aux entrailles!
Et alors, je me sens trop fou !
Marié, je tuerais la bouche De ma mie ! et, à deux genoux, Je lui dirais ces mots bien louches :
« Mon cœur est trop, ah trop central!
» Et toi, tu n'es que chair humaine; » Tu ne vas donc pas trouver mal » Que je te fasse de la peine ! »