Poesies: L'Aveugle
Q.ui rentendit pleurer d'abord? Ce fut TAube. Il pleurait, et pour Fentendre, quelque lézard monta par une vigne.
Et pendant un peu de temps demeurèrent suspendus au-dessus de cette tète, deux grands aigles sombres. A côté, était un chien, les pattes tendues en Tair — mort — parmi un bourdonnement de mouches. ^
« — D'où je viens, je ne sais; ni où je vais. Le fil de la pensée qui me soutenait dans la route aveugle,
de voix en voix, du jour noir au noir silence nocturne —
(je m'endormis, je rêvais : je voyais en rêve que je voyais le vrai :
réveillé je ne le sais plus, ni le saurai jamais...)
— pendant le clair sommeil, au milieu d'un bourdonnement d'abeilles, se rompit. Et depuis que j'ai rouvert les yeux je cherche le bout pendant de la laisse.
En vain ! Je me suis levé sur les genoux, je me suis levé sur les deux pieds. Et en vain l'air noir je palpe, et la terre aussi, et je cherche encore
la longe qu'abandonna ma main endormie.
Oh ^ je ne crois pas qu'il dorme mon guide, et qu'avec un léger jappement il suive, dans le rêve clair, la légère odeur d'une piste !
Il a fui; c'est en vain que le son de mes paroles le suit dans l'ombre ! Oh ! l'ombre longue qui jamais ne se dissipera
par l'aube d'un soleil toujours attendu
qui brille au-delà ! Vain le cri! Vains les pleurs ! Je suis le seul des vivants loin de tous, et aussi loin de moi-même.
Je sais qu'en haut glissent les vents et vont et vont sans trouver l'écho auquel se brisera ma lamentation,
auquel arrivera le murmure de l'aveugle...
Mais peut-être quelqu'un m'écoute, quelqu'un me voit, invisible, se cachant en soi-même... Ricanes-tu? Pleures-tu ? M'aimes-tu ? Me hais-tu? Il est assis . • ^
en face de moi. . Q.ui que tu sois, révèle qui tu es : dis-moi si ton cœur se complaît où souffre de ma peine I
Il me regarde immobile et se tait.
Ou peut-être. Une, me voit. Une, m'écoute invisible? Elle est grande, horrible : le vent frémit à travers la chevelure épaisse.
Elle est assise et me regarde : O toi que j'ignore et que je sens, dis-moi si tu as la guerre dans les yeux ou la paix : dis-moi où je suis?... Et elle est la, avec le menton sur la paume qui me regarde et se tait...
(1) Voir dans La Revue du 15 mars 1902, l'étude sur Giovanni Pascoli, par Jean Dornis.
qu'est-ce que la vibration nerveuse ? 51
peuvent avoir des modes de mouvements différents (comme les rayons rouges et violets). • \
En résumé, il ressort des iTB:<aiUK de M. Mathews, — qui ont pour la plupart paru dans V American Journal of Physiology, et dont il a donné aussi un résumé dans Ceniury^ — que, tout d'abord, l'excitation chimique consiste en réalité en une excitation électrique, en raison de ce fait que les atomes de matière sontpourvus de charges d'électricité notables. Ce sontles charges électriques et les mouvements de ces » charges qui font la toxicité des sels chimiques, et aussi leur action stimulante: les charges négatives étant stimulantes pour le protoplasma, et les positives, toxiques et destructives. C'est par l'existence de ces charges et par leur efîet sm" les colloïdes, qu'on doit s'expliquer les phénomènes de l'irritabilité nerveuse et de la propagation des excitations dans les nerfs, et aussi de l'anesthésie et de certains autres faits; et enfin si la lumière est un phénomène électrique, celleci se rapproche fortement de certaines actions chimiques qui, elles aussi, sont de nature électrique.
Les faits qui précèdent sont d'un très^and intérêt pour le biologiste et pour le physicien. Ils nous rapprochent d'une conception plus exacte de la nature intime d^sf hénomènes de la vie^ et^ par là, peutêtre, nous permettront-1îs''d'arriver à une /héorie dont les conséquences pratiques, pour l'entretien de la s/nté et la durée de la vie, ne se peuvent encore entrevoir. Ils pernafettront peut-être aussi de donner à la pharmacologie une base rationnelle : et il sera temps... Car si les propriétés des médicament^/dépendent non de leur nature chimique (mais, après tout, qu est-çé donc que la nature chimique d'un corps?...) mais de leurs charges électriques, Vétude des médicaments devra être entièrement refaite et sur d'autres bases. Enfin, la théorie de la fermentation va péut-être subir de profonds remaniements. Car les modifications que subissent les solutions colloïdales et qu'on appelle fermentation, sont probablement, elles aussi, de nature électrique. Et alor^' une révolution profonde dans nombre d'industries est probable./
Voilà bien des « peut-jêtre »... Il faut être prudent, en effet, et ne point s'abandonner à la vaticination. Il est certain, en tout cas, que des horizons nouveaux se sont ouverts, et il n'est pas plus aisé de découvrir quelle importance auront pour le xxi'' siècle les faits qui viennent d'être exposés, qu'il l'eût été, en 1780, de prévoir quels développements prendrait, avant un siècle, ia^^couverte, en appa rence très insignifiante, que venait de faii^un certain Galvani.