‹ Poésies légèresChapitre 106 sur 132 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

« O mes amis ! disait un sage,

» Dans ce monde il n'est point d'amis. »

De ce misanthrope sauvage

Je ne partage pas l'avis ;

L'amitié ne se montre guère ,

Et j'en conviens de bonne foi :

Mais elle habite encor la terre;

Vous en doutez , venez chez moi.

Vous y trouverez un modèle D'atlachement , de loyauté, Un ami vrai , tendre , fidèle Même au jour de l'adversité.

Jour et nuit près de moi sans cesse , Je lui dois bonheur et repos , Et son indulgente tendresse Chérit jusques à mes défauts.

Le sort meuace-t-il ma tête , Mes maux ne le rebutent pas ; L'exil m'attend, lien ne l'arrête, Mon ami vole sur mes pas ; Je vois la mort ; sa main funeste De mou logis touche le seuil j Que m'importe , \\n ami me reste :

Il suivra du moins mou cercueil.

Il immole à celui qu'il aime Et ses goûts et sa liberté :

Mon désir est sa loi suprême , Mon caprice est sa volonté.

Toujours armé pour ma vengeance.

Ami des périls que je'cours.

Combien de fois pour ma défense Je l'ai vu prodiguer ses jours !

« De ce trésor incomparable

» Je garderai bien le secret ,

» Et du Pylade de la fable

» J'ai, dis-tu, rêvé le portrait.

» Ah! s'il existe, qu'on le nomme ,

» Ce mortel rare » J'en convien :

Mais qui vous dit que c'est un homme î Hélas ! cet ami, c'est mon chien.

naïveté.

Scalpel en poche et lanterne à la main , Certain frater , Irlandais d'origine , Au fond d'un cimetière , un soir , à la sourdine. Escamotait un mort enterré le malin.

Pris sur le fait , de lui la justice s'empare : On rinterroge , et sans effroi Notre homme ingénument déclare Qu'il n'a rien fait qu'en vertu de la loi.

i( Et quelle est doue , dit le juge eu colère , La loi qui légitime un si cruel abus ?

Goddam ! milord , la chose est claire , C'est la loi ôChaheas corpus »

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