‹ Poésies légèresChapitre 128 sur 132 · ALCIBIADE, ZEUXIS · texte numérisé non relu

ALCIBIADE, ZEUXIS

ALCiBiADE , froidement.

Puisque rien ne peut te fléchir,

Et quetoujours ton ame altière

A la menace , à la prière , A mes bienfaits refuse de s'ouvrir , Je dédaigne , Zeuxis , d'employer ma puissance

A forcer ton obéissance; Mon palais est ouvert , et tu peux en sortir.

ZEUXIS

C'est à présent , Alcibiade, Que je consens à répondre à tes vœux j Sans que ma fierté se dégrade Je puis me montrer généreux.

D'Apollon et de Mars resserrons Talliauce ; Pour t'immortaliser je reprends mes pinceaux. Mais de mes nobles travaux J'exige une récompense.

ALCIBIADE

Mon crédit , ma faveur , ma fortune est à toi.

ZEUXIS

Un semblable salaire est indigne de moi. Séduite par tes soins, une esclave parjure A trompé ma tendresse ; elle a trahi sa foi : C'està l'amour d'effacer mon injure.

Parmi tant de beautés esclaves sous tes lois , Qu'il me soit libre ici de proclamer \in choix.

ALCIEIADE.

J'y consens; à ce prix tu peux en choisir une.

ZEUXIS

Tu promets à mes vœux de n'en soustraire aucune ?

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