ALCIBIADE, ZEUXIS
ALCiBiADE , froidement.
Puisque rien ne peut te fléchir,
Et quetoujours ton ame altière
A la menace , à la prière , A mes bienfaits refuse de s'ouvrir , Je dédaigne , Zeuxis , d'employer ma puissance
A forcer ton obéissance; Mon palais est ouvert , et tu peux en sortir.
ZEUXIS
C'est à présent , Alcibiade, Que je consens à répondre à tes vœux j Sans que ma fierté se dégrade Je puis me montrer généreux.
D'Apollon et de Mars resserrons Talliauce ; Pour t'immortaliser je reprends mes pinceaux. Mais de mes nobles travaux J'exige une récompense.
ALCIBIADE
Mon crédit , ma faveur , ma fortune est à toi.
ZEUXIS
Un semblable salaire est indigne de moi. Séduite par tes soins, une esclave parjure A trompé ma tendresse ; elle a trahi sa foi : C'està l'amour d'effacer mon injure.
Parmi tant de beautés esclaves sous tes lois , Qu'il me soit libre ici de proclamer \in choix.
ALCIEIADE.
J'y consens; à ce prix tu peux en choisir une.
ZEUXIS
Tu promets à mes vœux de n'en soustraire aucune ?