PAILLASSE
Air : AmîSj dépouillons nospommiers ,ovimonpère était pot,
J'suis né paillasse, et mon papa.
Pour m'Iancer sur la place , D'un coup d'pied queuqu'part m'attrapa, Et m'dit : Saute, paillasse! T'as l'jarret dispos , Quoiqu^t'ai Tventre gros Et la facVubiconde :
ESSAI StJR lA POÉSIE LÉGÈRE. 57
N'saut'point-z-à-demi , Paillasse , mou ami , Saute pour tout le monde. "
Ma mèr'qui poussait des hélas.
En m'voyaut prendr'ma course { M'habille avec son seul mafias, M' disant : Ce fut ma r'ssource
Là-d'sous fais , mon fils ,
Ce que d'sus je fis Pour gagner la pièc' ronde ;
N'saut'poiut-z-à-demi , Paillasse , mon ami , Saute pour tout le monde.
Content comme un gueux , j'm'en allais^
Quant un seigneur m'arrête , Et m'donn'l'emploi dans son palais D'un p'tit chien qu'il regrette.
Le chien sautait bien , J'surpasse le chien; Plus d'un envieux en gronde :
N'saut'point-z-à-»demi , Paillasse , mon ami , Saute pour tout le monde.
J'buvais du bon ; mais un hasard , Où j'nous rien mis du nôtre , Fait qu'monseigneur n'est qu'un bâtard,.
Et qu'il en vient-z-un autre :
Fi du dépouillé Qui m'a bien payé î Fêtons l'autre à la rondev N'saut'point-z-à-demi , Paillasse , mon ami , Saute pour tout le monde.
A peine a-t-on fêté c'iui-ci ,
Que l'prcmicr r'vient-z-en traître.
Moi qu'aime à dîner, Dieu merci ,
58 ESSAI SUR LA rOÉSIE LÉGÈRE.
J'saute encor sous sa Tnêlre.
Mais le vUà i-'chassé j Y'ià l'autre r'placé j
Viv'ceux que Dieu seconde !
N^saurpoint-z-à-demi ,
Paillasse , mon ami ,
Saute pour tout le monde !
Tienn' qui voudra , j'sautrai toujours N'faut point qu'la rcette baisse.
Boir , manger , rire et fair' des tours , Voyez comm'ça m'engraisse.
En gens qui, ma foi, Saut'moius gaiement qu'toi Puisque l'pays abonde ,
N'saurpoint-z-à-demi , Paillasse, mon ami, Saute pour tout le monde î