‹ Poésies légèresChapitre 20 sur 132 · PAILLASSE · texte numérisé non relu

PAILLASSE

Air : AmîSj dépouillons nospommiers ,ovimonpère était pot,

J'suis né paillasse, et mon papa.

Pour m'Iancer sur la place , D'un coup d'pied queuqu'part m'attrapa, Et m'dit : Saute, paillasse! T'as l'jarret dispos , Quoiqu^t'ai Tventre gros Et la facVubiconde :

ESSAI StJR lA POÉSIE LÉGÈRE. 57

N'saut'point-z-à-demi , Paillasse , mou ami , Saute pour tout le monde. "

Ma mèr'qui poussait des hélas.

En m'voyaut prendr'ma course { M'habille avec son seul mafias, M' disant : Ce fut ma r'ssource

Là-d'sous fais , mon fils ,

Ce que d'sus je fis Pour gagner la pièc' ronde ;

N'saut'poiut-z-à-demi , Paillasse , mon ami , Saute pour tout le monde.

Content comme un gueux , j'm'en allais^

Quant un seigneur m'arrête , Et m'donn'l'emploi dans son palais D'un p'tit chien qu'il regrette.

Le chien sautait bien , J'surpasse le chien; Plus d'un envieux en gronde :

N'saut'point-z-à-»demi , Paillasse , mon ami , Saute pour tout le monde.

J'buvais du bon ; mais un hasard , Où j'nous rien mis du nôtre , Fait qu'monseigneur n'est qu'un bâtard,.

Et qu'il en vient-z-un autre :

Fi du dépouillé Qui m'a bien payé î Fêtons l'autre à la rondev N'saut'point-z-à-demi , Paillasse , mon ami , Saute pour tout le monde.

A peine a-t-on fêté c'iui-ci ,

Que l'prcmicr r'vient-z-en traître.

Moi qu'aime à dîner, Dieu merci ,

58 ESSAI SUR LA rOÉSIE LÉGÈRE.

J'saute encor sous sa Tnêlre.

Mais le vUà i-'chassé j Y'ià l'autre r'placé j

Viv'ceux que Dieu seconde !

N^saurpoint-z-à-demi ,

Paillasse , mon ami ,

Saute pour tout le monde !

Tienn' qui voudra , j'sautrai toujours N'faut point qu'la rcette baisse.

Boir , manger , rire et fair' des tours , Voyez comm'ça m'engraisse.

En gens qui, ma foi, Saut'moius gaiement qu'toi Puisque l'pays abonde ,

N'saurpoint-z-à-demi , Paillasse, mon ami, Saute pour tout le monde î

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