‹ Poésies légèresChapitre 60 sur 132 · C'EST M. BERNARD DE VERSAILLES · texte numérisé non relu

C'EST M. BERNARD DE VERSAILLES

VAUDEVILLE ( 1 )

Air : Je croyais trouver en tous lieux.

A lies cliâtiments mérités

Quand las Juifs voulaient se soustraire ,

De toutes leurs iniquités

Ils chargeaient le bouc émissaire ;

La mode en vient dans ce pays ,

Soit qu'on agisse ou qu'on rimaille ;

Tout le mal qu'on fait à Paris,

Cest monsieur Bernard de Yersaille.

Sans esprit, sans goût, sans pudeur,

Que d'une bonne tragédie

Des charniers quelque rimailleur

Fasse une plate parodie ,

Au mépris bien moins qu'au bâton

Il oppose un homme de paille ;

Et quand vous demandez son nom ,

C'est monsieur Bernard de Yersaille.

La jeune Iris , pleine d'appas , Prend un époux, octogénaire , Et d'un enfant qu'il n'attend pas Le force à devenir le père.

Parlez , dit l'époux furieux ; Quel homme à ma vigne travaille ?

Iris dit , eu baissant les yeux , C'est monsieur Bernard de Versaille.

Dans des journaux, chaque matin, La haine, la rage , et l'envie

(i) Eq 1809 , époque où parurent ces couplets , les journaux étaient remplis d'articles injurieux et de personnalités outrageantes , qui tous étaient signés du nom pseudonyme, BebîîArd DE Versailles. j

POÉSIES LÉGÈRES. l5g

Vont répandant leur noir venin j On ment , on blesse , on calomnie.

Contre un ennemi clandestin S'il veut user de représailles , L^homme oiitragé le cherche eu vain , C'est monsieur Bernard de Versailles.

Du nom de nos aïeux les Francs

Est dérivé le mot franchise ;

Ne cherchons point d'autres garants,

Ne prenons pas d'autre devise.

Que chacun , signant ses écrits ,

A découvert livre bataille ,

Et qu'on abandonne au mépris

Ces messieurs Bernards de Versaille.

l6o POÉSIES LÉGÈRES.

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