LIVRE I. 6i
Mon Elise a tenn sa promessel...»
£lle est boDne^ sensibk , loyale; Insens^l qui ne sait Padorerl Insensël le mortel qpi la hUme»
Ifais d'où vient que son aspect me trouble , Dans mon sein il a porte la flamme...»
Quoil l'amoar à l'égal de la haine «
Cause-t-il de pénibles transports ?
Tout à l'heure k l'approche d'Elise Sa gattë s'annonçait par des chants ; Mais soudain je la vois qui s'arrête.. •• Elle hësite et rougit tour-à-tonr.
Je ne puis apaiser mon ardeur « Qui m'agite en deux sens opposas ; L'un me presse et m'entraîne vers Lise.
Le second m'intimîde et m'arrête.
Mais que vois-je elle approche de moi J'ai senti les z^hirs qui l'entourent; Son retour est celui de l'aurore :
h mes yeux il charme l'univers »
La voici 9 je suis aiipi*ès d'Elise 1 J'ai touche sa blonde chevelure^ J'ai touche le tissu de sa robe ; De sa main j'ai reçu le doux gage ,
6i3 POÉSIES.
O moment' de bonheur et d^e|:iase> Ta doucenr se pent-elle exprimer i Comme toi si nos jours s'ëcoulaient Les mortels seraient trop fortunés.
De mon bras j'entoure son corsage , Sur mon cœur s'est appuyë son cœur ; Tendre amour , en plaisirs qui t'^alet A leur poids poorrai-Je résister!
Vous , amans , qui n'éprouvâtes pas ' Ce tourment , ce trouble , cette extase Dont la peine elle même est si douce...»
Croyez*moi y vous n'aimâtes jamais 1
Si l'aveu , l'approche d'une amante , Loin d'accroître , a calmé votre ardeur ; Si tout près de l'objet de vos feux Vous gardez un seul penser poiu* vous :
Si l'instant qui vous vit triompher Vous a vu sans trouble et sans délire , S'il n'est pas d'une ère de bonheur , Le passage , ou le commencement :
Si l'image pu le nom d'une Elise , Malgré vous ne ranime vos feux ; M algi'é vous si vos pas ne vous mènent Sur sa trace , ou vers les lieux qu'elle aime.