‹ PoésiesChapitre 16 sur 65 · SAVEZ-YOUS PAS · texte numérisé non relu

SAVEZ-YOUS PAS

Savez-vous pas quelque douce retraite, Au fond des bois, un lac au flot vermeil, Où des palmiers la grande feuille arrête Les bruits du monde e'; les traits du soleil? — Oh ! je voudrais, loin de nos vieilles villes, Par la savane aux ondoyants cheveux, Suivre, en rêvant, les écureuils agiles, Et voir sauter, sur les branches mobiles, L'ara de pourpre et les bengalis bleus î

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Savez-vous pas, sur les plages lointaines Où n'ont jamais passé les matelots, Une ile heureuse aux suaves haleines, Bouquet de Heurs effeuillé sur les Ilots? — Oh! je voudrais, seul avec ma pensée, Jetant au vent la poussière des jours, Sentir mon âme aux vagues balancée, Et m' endormir sur l'onde cadencée Comme un enfant que l'on berce toujours!

Sâvez-vous pas, loin de la froide terre. La-haut! la-haut! dans les plis du ciel bleu. Un astre d'or, un monde solitaire Roulant en paix sous le souffle de Dieu'.'

— Oh! je voudrais une planète blonde,

Des cieux nouveaux, d'étranges régions, Où l'on entend, ainsi qu'un vent sur l'onde, Glisser la nuit, sous la voûte profonde, Le char brillant de constellation- !

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