PLACÉ EN FACE D'UNE STATUE DE FLORE
0 Bacchus Lydien, dont la barbe est frisée, J'aime ton front tranquille orné d'un cercle d'or, Tandis qu'à quelques pas, humide de rosée, La déesse des fleurs sous la brise se tord !
La main que l'œil devine et que la robe cache^ Entre ses seins pointus presse des lis mouillés Et frissonnant a l'air, le torse se détache De l'étoffe aux plis droits qui tombe sur ses pies !
76 1 ESTONS ET ASTRAGALES
Elle est jeune et lascive et ferme sa paupière. De son regard oblique elle appelle le tien ; Mais tu ne parais pas entendre sa prière, Et tu restes pensif, o Bacchus Lydien !
Elle a beau devant toi se pencher et sourire, Le temps n'est pas venu de tes transports divins; Tu dédaignes, o roi, l'amante de Zéphyre, Car la fleur sera morte à la saison des vins !
11 te faut, lacchus, pour que ton cœur s'allume, Lesthyases dansants sous le ciel étoile, Tandis qu'un thyrse aux mains, sur le sable qui fume, Tu fais voler ton char de tigres attelé !
11 te faut, lacchus, les cortèges superbes, La flûte, le tambour frémissant sous les doigts, La ménade en sueur qui tombe dans les herbes, Et d'un bruit de grelots fait retentir les bois!