PORTRAIT
Je ne sais pas ton nom, comtesse ou bien marquise, Dont le portrait charmant rit dans ce cadre d'or; Mais nulle, en sa beauté, n'eut plus de grâce exquise, Au temps qu'on était jeune et qu'on aimait encor.
Tes cheveux à frimas, où le zéphx r se joue, Effleurent mollement ton visage vermeil, Car le pastel du maître a semé sur ta joue L'incarnat velouté d'une pèche au soleil.
17'; FE>TO>s ET ASTRAGALES
Mille amours sont nichés sous tes narines roses, Mille autres sont blottis dans tes yeux irisés, Tandis que Cupidon, sur tes lèvres mi-closes, Appelle au pâturage un troupeau de baisers.
Et le ruban bleu-ciel, dont ta robe est fermée, Semble, au long du corsage, étaler à plaisir. De ta taille divine à ta gorge embaumée, Une échelle d'azur où monte le désir!...
Je ne suis pas le Christ, ô pâle Madeleine, Pour que tes longs cheveux caressent mes pieds nus ; Je marche, ainsi que toi, dans le doute et la peine, Voyageur égaré par les chemins perdus.
Je ne te dirai pas les paroles divines
Qu'il jetait, comme un baume, à tous les cœurs souffrants,
Quand, suivi de la foule, il montait les collines,
Ou qu'il se promenait près des lacs transparents.
Je n'ai pas, comme lui, cette auréole pure Qui d'un reflet d'en haut dorait ses blonds cheveux. Et je ne porte point, pendue à ma ceinture. La r]p{ de diamant qui peut t'oiivrir les cienx.
Je suis un des derniers au désert de la vie, Sous ma tente d'un jour s'est assis le malheur ; Mais je t'ai, comme Christ, pardonné ta folie, Et demain, si tu veux, je t'ouvrirai mon cœur!
Tristes Doos !
ïforatius.
Artiste au front sacré, poète aux belles rimes, Voyageur attiré vers les songes vermeils, Toi qui portes aux pieds ces poussières sublimes Qu'on soulève, en marchant, au pays des soleils!
Quand je l'ai vu passer, dans ta force et ton calme, Traînant, comme un manteau, ta popularité, J'ai tendu mes deux mains pour te jeter la palme, Et mon cœur, devant toi, tremblait épouvanté!
Mais je sais, maintenant, qu'oublieux de la lyre, Tu descends quelquefois de ton Olympe bleu, Et je pourrai t'aimer, moi qui t'ai vu sourire... J'avais cru, jusqu'ici, que tu n'étais quun dieu!